Elle passera le cap des 22 ans à la fin du mois et, bien qu’ayant de nombreuses années d’entraînement à son compte, elle est néanmoins plus jeune que la majorité des athlètes olympiques dont elle comptait joindre les rangs. La pandémie a malheureusement bouleversé ses plans mais Lauriane Genest compte bien ne pas se laisser abattre.

Née au Québec, elle a pratiqué le patinage artistique jusqu’à la fin de son adolescence, c’est-à-dire jusqu’à ce que la piqure du cyclisme prenne le dessus. Passer des patins au vélo n’est pas si étrange lorsque l’on considère que le cyclisme fait partie de l’entraînement des patineurs de vitesse. C’est d’ailleurs le parcours qu’a suivi un de ses collègues de l’équipe canadienne de cyclisme sur piste, le Franco-Ontarien Vincent De Haître, qui a patiné aux Jeux olympiques de Sotchi et de PyeongChang.

« Pour ce qui est du patinage artistique, je n’ai jamais rencontré d’autres cyclistes qui en avaient fait », précise toutefois Lauriane Genest.

C’est à partir de 2016 qu’elle a commencé à focaliser ses aptitudes sportives sur le vélo et le qualificatif d’« étoile montante » n’est pas surfait pour décrire ses progrès et les attentes qu’elle a générées.

À l’automne 2017, sa carrière a pris un tournant important alors qu’elle a remporté le 500 mètres et le sprint par équipe aux Championnats canadiens. Elle a par la même occasion terminé 2e en sprint individuel et au keirin.

Précisons que le keirin est une course dont la particularité est de donner la chance à tous les cyclistes d’atteindre la vitesse de 50 km/h en les forçant à demeurer derrière une moto qui, en s’écartant à environ 650 mètres de la fin du parcours, signale ainsi le début d’une ruée vers l’arrivée.

Cette performance étonnante lui a value d’être recrutée par l’équipe nationale. Il ne restait plus alors à Mme Genest qu’à faire ses bagages et quitter Lévis pour Milton, là où se trouve le Centre national de cyclisme Mattamy, un vélodrome où s’entraînent les espoirs canadiens de cette discipline.

Depuis, elle n’a pas déçu les espérances qui ont été placées en elle. Le quotidien d’un athlète s’articule autour d’un calendrier fait d’incessantes compétitions. Jeux du Commonwealth, Championnats panaméricains, Coupes du monde, etc. : ça n’arrête pas! À chaque étape, elle se devait de bien performer. L’année 2020 a aussi débuté en force : Lauriane Genest et sa collègue cycliste, Kelsey Mitchell, ont remporté la médaille d’or au sprint par équipe à la Coupe du monde sur piste de Milton qui s’est tenue du 24 au 26 janvier. Mme Genest a également terminé 7e au Keirin.

Quant au Championnat du monde sur piste de Berlin qui s’est tenu immédiatement après (26 février au 1er mars), elle s’y est classée en 5e position au sprint par équipe, en 16e au keirin et a été éliminée en huitième de finale au sprint féminin. Cette petite déconvenue ne devrait pas affecter ses chances d’être sélectionnée pour participer aux Olympiques.

Qui plus est, la pandémie ne viendra pas affecter, pour le moment, son calendrier de compétitions. « On a vraiment été chanceux parce que c’était la dernière course pour la qualification », se réjouit l’athlète. Le Canada dispose de deux places pour le sprint féminin aux Jeux de Tokyo et, bien qu’aucune décision officielle n’ait été rendue à cet égard, il est communément admis que Lauriane Genest et Kelsey Mitchell sont en meilleure position que quiconque pour se les faire attribuer.

Tout de même, avec le report des Olympiques, c’est une dynamique excitante qui vient de s’évaporer. « C’est plus difficile d’être motivée », admet Mme Genest. Le confinement et la distanciation sociale ont aussi affecté les exercices auxquels elle aurait dû se livrer : « Ça fait presque dix semaines qu’on n’a pas pu rouler sur la piste, raconte l’athlète. On fait beaucoup d’entraînement à l’intérieur ». Au moins, il demeure toujours possible de faire de la bicyclette sur la route.

« On se voyait à Tokyo cet été mais c’est un énorme avantage de pouvoir s’entraîner pendant encore un an et de pousser la “machine” », conclut, optimiste, Lauriane Genest. Ce n’est donc que partie remise et, Olympiques ou pas, la cycliste n’en est pas moins promise à un brillant avenir.

PHOTO (crédit photo: Rob Jones/Canadian Cyclist) – Mme Genest s’est illustrée à la Coupe du monde de Milton.