Face aux besoins croissants de main-d’œuvre qualifiée, l’Ontario veut rapprocher les études des réalités du marché du travail. À St. Catharines, l’Université Brock augmentera sa capacité d’accueil dans des domaines prioritaires. Une expansion qui soulève des questions sur les ressources et sur l’accès des étudiants francophones aux formations en français.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
L’établissement académique s’apprête à accueillir davantage d’étudiants dans des domaines considérés comme prioritaires pour l’économie de la région du Niagara. Le gouvernement de l’Ontario lui accorde 60 millions $ dans le cadre d’un investissement provincial de 1,7 milliard $ visant à créer plus de 70 000 places supplémentaires dans les établissements postsecondaires de la province.
À Brock, 2565 nouvelles places seront financées, 1183 dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques, 801 dans les soins de santé et 581 dans les programmes d’éducation.
« Notre plus grand atout est notre main-d’œuvre hautement qualifiée, formée dans des collèges et universités de renommée mondiale », a déclaré Nolan Quinn, ministre des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité. Selon lui, cet investissement doit permettre à davantage d’étudiants de se former dans des domaines menant à des « carrières bien rémunérées », tout en renforçant les collectivités et l’économie ontarienne.
La province présente cette expansion comme la plus importante hausse de capacité d’accueil dans le secteur postsecondaire depuis plus d’une décennie. Elle vise à renforcer la main-d’œuvre qualifiée de l’Ontario et à soutenir l’économie face aux droits de douane et à l’incertitude économique de la région.
Comment les nouvelles places ont-elles été choisies? « Les programmes retenus pour cet ajout de places sont très prisés tant par les étudiants que par les employeurs de la région du Niagara, désireux de renforcer leurs effectifs », a affirmé au journal Le Régional Maryanne St. Denis, directrice associée aux communications stratégiques à Brock.
Elle ajoute que cette expansion correspond aux données du marché du travail régional, qui montrent une forte demande pour les diplômés de ces programmes. L’université souligne également que ses diplômés affichent déjà un taux d’emploi de 97 %.
Pour Lesley Rigg, présidente et vice-chancelière de l’établissement, l’investissement permettra à l’institution de mieux répondre aux besoins de la communauté et du marché du travail régional. Cet appui financier arrive à un moment clé pour aider la province « à renforcer la capacité de Brock à stimuler la croissance économique et la prospérité dans la région du Niagara et au-delà », affirme-t-elle.
L’arrivée de nouveaux étudiants soulève toutefois des questions sur la capacité du campus à accompagner cette croissance. L’institution devra notamment composer avec les besoins en professeurs, en salles de classe, en laboratoires et en services aux étudiants.
Le centre d’enseignement supérieur est également connu pour offrir plusieurs programmes en français, notamment en éducation. Parmi les 581 nouvelles admissions prévues dans ce domaine, la proportion qui sera accessible aux étudiants francophones qui souhaitent enseigner en français ou le français langue seconde demeure toutefois à préciser.
Sur ce point, l’institution indique que « cette expansion ouvrira la voie à de futures possibilités de financement », afin de lui permettre de continuer à offrir un enseignement et une expérience étudiante de qualité.
Les nouveaux étudiants peuvent s’inscrire dans les programmes concernés dès maintenant.
Le Collège Niagara bénéficiera lui aussi de cet investissement, avec 1021 nouvelles inscriptions ouvertes financées. L’établissement fait partie, aux côtés de Brock, des institutions de la région qui profiteront de cette enveloppe provinciale destinée à renforcer la formation dans les secteurs où les besoins de main-d’œuvre sont importants.
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Photo : Accompagné de membres de la haute direction de l’université, le ministre Quinn rencontre des étudiants dans les laboratoires de santé et d’anatomie. (Photo : Université Brock)





