Depuis 2020, le programme Élan F accompagne des entrepreneurs francophones, principalement des nouveaux arrivants, dans la structuration et le lancement de leurs projets d’affaires. Porté par la communauté accueillante de Hamilton, la Société économique de l’Ontario et Impact ON, il mise sur un encadrement pratique et personnalisé.
Olaïsha Francis – IJL – Le Régional
À Hamilton, le programme Élan F s’est imposé comme un outil d’intégration économique pour les francophones qui souhaitent se lancer en affaires. Créé en 2020 par la Société économique de l’Ontario (SÉO) en collaboration avec Impact ON, il vise à transformer des intentions entrepreneuriales en projets concrets et structurés.
La région accueille de nombreux nouveaux arrivants francophones qui possèdent des compétences, de l’expérience et une forte motivation, mais qui se heurtent à plusieurs obstacles. L’absence de réseaux de mentorat spécialisés, le manque de cadre méthodologique pour développer une idée et l’insécurité liée au démarrage d’une entreprise figurent parmi les défis les plus fréquemment observés.
« Les gens qui arrivent ici ont souvent une expertise, une expérience et énormément d’énergie », souligne Félix Corriveau, directeur général d’Impact ON. Élan F cherche donc à canaliser ce potentiel en offrant un accompagnement complet, de la réflexion initiale jusqu’au lancement officiel du projet.
Chaque cohorte regroupe entre 10 et 15 participants francophones, qu’ils soient nouveaux arrivants ou membres établis de la communauté. Le programme comprend une journée d’initiation, des ateliers thématiques pratiques et un événement final de présentation des projets. L’accompagnement porte notamment sur la structuration du modèle d’affaires, la validation du marché et la préparation au lancement.
L’approche se veut concrète et adaptée aux réalités actuelles du marché. « C’est une rampe de lancement pour les entrepreneurs. C’est un espace où l’ambition devient structure », résume le directeur général. L’organisme souhaite et vise qu’environ 90 % des participants complètent le processus et parviennent à lancer puis maintenir leur entreprise à long terme.
Contrairement à d’autres programmes plus généralistes, Élan F cible particulièrement les nouveaux arrivants francophones et demeure accessible aux personnes qui en sont aux toutes premières étapes de leur projet. Le renforcement de la confiance constitue un élément central de l’accompagnement. « L’entrepreneuriat, c’est un chemin qu’on peut apprendre à construire », affirme le directeur. Il insiste sur l’importance d’outiller les participants pour qu’ils développent leur autonomie.
Le programme s’appuie sur plusieurs partenaires locaux. Ces collaborations permettent de renforcer l’ancrage communautaire de l’initiative et de répondre aux besoins particuliers du territoire.
Depuis son lancement, Élan F a évolué afin de s’adapter aux changements économiques. Si sa structure fondamentale demeure inchangée, des ajustements méthodologiques sont apportés régulièrement en fonction des besoins du marché. En 2026, le programme introduit des journées intensives consacrées à l’avancement accéléré des projets d’affaires. Les participants bénéficient de ressources adaptées, d’occasions de réseautage stratégique et d’un encadrement personnalisé avec des experts.
Au-delà du soutien individuel, Élan F s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’économie sociale et durable. L’objectif consiste à favoriser des modèles d’affaires plus inclusifs et résilients, capables de répondre aux réalités d’une économie en transformation.
Selon Félix Corriveau, l’impact du programme ne se mesure pas toujours immédiatement, mais se manifeste à long terme par la pérennité des entreprises créées et par la contribution accrue des francophones à l’économie locale. L’initiative entend ainsi renforcer la vitalité économique francophone à Hamilton et, à terme, envisager une possible reproduction du modèle ailleurs en Ontario, selon les ressources disponibles.
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Photo : Félix Corriveau, directeur général (Crédit : Impact ON)






