Le match entre la Côte d’Ivoire et l’Allemagne, disputé à Toronto a suscité un important élan de solidarité au sein des communautés francophones. Des supporteurs ivoiriens ainsi que des francophones de diverses origines se sont réunis à Hamilton, Milton et London pour encourager la sélection ivoirienne et célébrer la richesse de la francophonie.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
Il y a des rendez-vous que les passionnés de soccer ne manqueraient pour rien au monde. Samedi 20 juin, le Stadium de Toronto vibrait au rythme de la Coupe du monde alors qu’il accueillait le match tant attendu entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire. Malgré la défaite de l’équipe nationale ivoirienne (2-1), les supporteurs francophones ont vécu une soirée riche en émotions, marquée par la solidarité, la convivialité et la fierté culturelle.
Des centaines de partisans se sont mobilisés aux quatre coins de la métropole pour soutenir leur équipe favorite. À Milton, Hamilton et London, plusieurs zones de visionnement sur écran géant avaient été aménagées afin de permettre aux amateurs de vivre ensemble cette rencontre très attendue.
L’espoir était pourtant bien présent lorsque la Côte d’Ivoire, surnommée les Éléphants, a ouvert le score avant la pause. Les Ivoiriens rêvaient alors d’un exploit face à l’une des nations les plus titrées de l’histoire du soccer mondial. Mais la rencontre a basculé à la 68e minute lorsque l’Allemagne est revenue au score avant d’arracher la victoire dans les dernières minutes, privant ainsi les Éléphants d’un précieux point.
Pour Abou Traoré, président de l’Association de la Communauté Ivoirienne de Hamilton, qui s’était réunie à Milton avec les membres de la communauté, la déception est tempérée par la qualité de la prestation offerte par son équipe.
« Nous sommes chanceux, les joueurs ont bien joué, affirme-t-il. C’était stressant, il y avait beaucoup d’émotions. Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes en supportant les Éléphants. »
Malgré tout, il demeure optimiste quant à la suite du parcours ivoirien. « Nous ne sommes pas découragés. La Côte d’Ivoire possède une belle équipe avec des étoiles montantes. Je crois que les Éléphants peuvent aller loin dans cette compétition. »
Cette confiance est d’autant plus importante que la sélection ivoirienne cherche à franchir un nouveau cap sur la scène mondiale. Pour sa 4e participation, la Côte d’Ivoire n’avait encore jamais dépassé le premier tour.
À London, l’ambiance était tout aussi électrique malgré une météo peu clémente. Pour Olden Toué, secrétaire général de l’Association des Ivoiriens de London et Middlesex en Ontario, l’expérience collective dépasse largement le simple résultat sportif. « C’est très important de regarder ce genre de rencontre en groupe. Les jours de match, il y a toujours de l’engouement. C’est cette ambiance que nous voulions vivre, explique-t-il. Beaucoup de gens se sont rapprochés grâce à ce tournoi. Le simple fait de prendre le bus ensemble, de chanter au stade et de partager ces moments crée des liens très forts. »
Selon lui, ces rassemblements contribuent également à renforcer les liens entre les différentes communautés francophones de l’Ontario. « Les Ivoiriens côtoient d’autres communautés francophones et cela crée toujours des moments de convivialité. Nous célébrons aussi la francophonie à travers le sport », ajoute-t-il.
Au-delà du terrain, ces événements permettent aussi de mieux faire connaître la culture ivoirienne au public canadien. Olden Toué rappelle d’ailleurs qu’une confusion revient souvent. « Beaucoup de personnes confondent le drapeau de la Côte d’Ivoire avec celui de l’Irlande », dit-il en souriant. Les deux pavillons affichent effectivement les mêmes couleurs – vert, blanc et orange – mais dans un ordre inversé.
Pour plusieurs membres de la diaspora, soutenir les Éléphants n’oppose pas les identités, bien au contraire. Être Ivoirien et Canadien à la fois se vit naturellement à travers ces moments de rassemblement où le sport devient un puissant vecteur d’intégration et de partage.
Cette mobilisation n’est d’ailleurs pas propre à la Côte d’Ivoire. Tout au long de la compétition, plusieurs pays francophones ont bénéficié d’un impressionnant soutien populaire, notamment le Canada, le Maroc, la République démocratique du Congo, le Sénégal ou encore Haïti.
Même battus par l’Allemagne, les Éléphants ont réussi une autre victoire : celle de rassembler des milliers de francophones autour d’une même passion. Une preuve supplémentaire que le soccer demeure bien plus qu’un simple sport.
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photo : Des supporteurs réunis à London (Crédit : Le Régional)






