Dans une atmosphère à la fois festive et engagée, les communautés noires francophones se sont rassemblées pour souligner des parcours inspirants et affirmer une volonté commune de progrès. Porteuse d’idées neuves et d’un dynamisme assumé, la jeunesse y a occupé une place centrale, incarnant les ambitions de demain.

Christiane Beaupré – IJL – Le Régional

Le Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara (CSCHN), en collaboration avec le Centre francophone Hamilton, a réuni plus de 400 convives le samedi 7 février à la salle Liuna Station pour son gala annuel soulignant le Mois de l’histoire des Noirs. Placée sous le thème « Notre histoire nous porte, notre relève nous projette : unis par l’héritage, guidés vers l’avenir », la soirée a célébré à la fois le parcours des communautés afrodescendantes francophones et l’élan des nouvelles générations.

En ouverture, les invités ont été plongés dans une ambiance rythmée grâce à un atelier de balafon, animé par l’artiste malien Adama Daou, qui évoquait les sonorités de l’Afrique de l’Ouest, avant l’accès à la salle de bal. Sylvère Baransegeta, directeur des services aux nouveaux arrivants, a ensuite souhaité la bienvenue aux participants.

Puis, la directrice générale du CSCHN, France Vaillancourt, a rappelé l’importance de souligner les contributions des communautés afrodescendantes francophones au pays. Elle a insisté sur leur résilience, leur leadership et leur apport déterminant à l’évolution sociale et culturelle. Elle a également mis en avant l’audace de la jeunesse actuelle, qu’elle décrit comme engagée, proactive et déterminée à transformer la société. « Aujourd’hui et demain, utilisons les expériences vécues comme fondation pour continuer à construire un avenir meilleur dans lequel le racisme, les actes haineux et la discrimination n’auront pas leur place. », a conclu Mme Vaillancourt. 

Parmi les dignitaires présents, la mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, a salué la collaboration entre la Ville et le comité organisateur. Elle a rappelé que l’événement vise à reconnaître le rôle essentiel des communautés noires dans la société et à créer des espaces où les jeunes peuvent apprendre, diriger et s’épanouir pleinement. Elle a également souligné l’apport significatif des personnes afrodescendantes dans toutes les sphères de la vie municipale.

Les organismes francophones et ethnoculturels de la région étaient bien représentés, dont la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario. Son représentant, Jean Gacinya, a témoigné du chemin parcouru en plus de trois décennies à Hamilton.

Il a évoqué l’évolution de la diversité et la rapidité avec laquelle les mentalités ont changé, notant qu’un rassemblement d’une telle ampleur et d’une telle pluralité aurait été impensable il y a quelques années. Pour lui, ces avancées doivent servir de point d’appui pour poursuivre le travail collectif.

« À voir aujourd’hui le nombre de personnes qui viennent de plusieurs continents et qui se retrouvent au même endroit, c’est la preuve que la conscientisation a beaucoup augmenté, et c’est vrai aussi en termes de réalisations, affirme M. Gacinya. Une bonne question à se poser : où étions-nous à ce moment-là et où en sommes-nous aujourd’hui. Nous devons bâtir sur ces avancées! »

Après le repas, la programmation s’est poursuivie avec des prestations culturelles des communautés haïtienne et burundaise, suivies du spectacle très attendu des frères Sissokho. Descendants d’une grande lignée de griots mandingues du Sénégal, ils ont offert une performance empreinte de tradition et de virtuosité, concluant la soirée sur une note festive et rassembleuse.

Photo : Le gala a rassemblé plus de 400 convives. (Crédit : journal Le Régional)