L’écriture se conjugue désormais au pluriel, à Hamilton. Avec la création d’un nouveau Cercle d’écriture, un lieu de rencontre où les mots deviennent un prétexte à la création, au partage et à l’affirmation d’une francophonie vivante et inventive dans la région.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
Une poignée de francophones et de francophiles se sont réunis pour écrire, mais surtout pour se rencontrer. Le Centre francophone Hamilton (CFH) a lancé son Cercle d’écriture, un espace ouvert à tous ceux qui souhaitent explorer l’écriture en français, qu’il s’agisse de poésie, de récits, de slam, de blogues ou de textes plus personnels.
Loin des cadres rigides et des exigences académiques, le Cercle se veut avant tout un lieu bienveillant. On y écrit pour le plaisir, pour se motiver et pour avancer. Les participants y partagent des textes, des doutes et des idées, tout en s’encourageant à poursuivre des projets parfois laissés de côté par manque de temps ou d’élan.
À l’origine de cette initiative bénévole, portée par le CFH, se trouve Marie-France Lefort, coordonnatrice du projet. « J’ai moi-même des projets d’écriture et je me suis dit qu’il y avait sûrement d’autres personnes qui cherchaient un espace pour développer leur créativité à l’écrit », explique-t-elle. L’idée s’est imposée naturellement : créer un cercle où l’on peut s’inspirer mutuellement, s’encourager et découvrir des ressources utiles. « Un peu comme un club de lecture ou de cinéma », précise-t-elle.
Le Centre francophone Hamilton s’est révélé être un terreau propice à cette initiative. « C’est un lieu où l’on peut proposer des projets bénévoles, sans que tout passe nécessairement par une subvention », souligne Marie-France Lefort. Le Cercle d’écriture s’adresse ainsi à tous les profils, sans prérequis ni style imposé. Les participants peuvent avoir des objectifs variés, mais partagent le même désir : écrire et créer en français.
Le rendez-vous initial, tenu le mercredi 21janvier, a donné le ton. Six personnes, âgées de 30 à 80 ans en moyenne, y ont participé, dans une atmosphère marquée par l’intérêt et l’enthousiasme. Un premier exercice d’écriture, intitulé D’où je viens, a permis de délier les plumes. À travers textes et poèmes, les participants ont fait remonter des souvenirs d’enfance, des odeurs familières, des saveurs oubliées et des figures marquantes, donnant voix à des parcours singuliers.
À l’avenir, les rencontres du Cercle alterneront entre présentiel et virtuel afin de rester accessibles au plus grand nombre. Un sondage sera bientôt lancé pour établir le calendrier, et une pause est prévue pendant l’été. Le programme comprendra des échanges réguliers consacrés à la lecture et au partage de textes, ainsi que des activités ponctuelles inspirées, entre autres, des pages du matin de Julia Cameron ou du concept de « Power Hour », où l’on se réunit pour écrire ensemble, pendant un temps donné.
Si le Cercle peut mener à la création de poèmes, de récits courts ou longs, de textes slamés ou de blogues, son objectif reste volontairement ouvert. « Cela dépend des envies de chacun. Le but principal est de soutenir la créativité par l’écrit, sans attentes précises », rappelle Marie-France Lefort.
Au-delà de l’écriture, l’initiative porte une ambition plus large : renforcer et faire rayonner la francophonie locale. Plusieurs participants avaient déjà tenté de rejoindre des cercles d’écriture anglophones, sans s’y sentir pleinement à leur place. Pour la coordonnatrice, le Cercle d’écriture du CFH pourrait suivre le parcours d’autres initiatives durables, tel le Club de lecture francophone de Hamilton, actif depuis plus de 20 ans. « C’est une belle façon de créer une communauté où se rencontrent des personnes établies depuis longtemps et d’autres arrivées plus récemment. Cette diversité est extrêmement riche. »
Avec ce nouveau Cercle d’écriture, le CFH affirme sa volonté d’animer la vie culturelle francophone et de rappeler, à travers les mots, que la langue française est bien vivante à Hamilton.
Photo : Marie-France Lefort, coordonnatrice du projet (Crédit : courtoisie de M.-F. Lefort)






