L’ACFO-Hamilton a réuni trois figures engagées pour une discussion sur l’héritage et la résilience des communautés noires. Entre partage d’expériences et réflexions sur l’identité, les panélistes ont insisté sur l’importance de la transmission culturelle et du rôle des générations futures dans la préservation de cet héritage.
Christiane Beaupré – IJL Réseau.Presse – Le Régional
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs (MHN), l’ACFO-Hamilton a organisé, le jeudi 20 février à The Gasworks, un dîner réseautage axé sur le thème Héritage et résilience : célébrer les contributions des communautés noires à travers l’histoire et l’avenir. L’événement a rassemblé des experts engagés qui ont partagé leur parcours et leur vision de l’intégration, de la transmission culturelle et de l’avenir des générations issues de l’immigration.
Les invités, Elykiah Doumbe (directrice générale de M.I.C.R.O.), Liliane Kabamba (fondatrice et directrice exécutive du Centre RAFIKI) et Luc Bonaventure Amoussou (directeur général du Immigrants Working Centre de Hamilton), ont échangé sous la modération de Patrick Bizindavyi.
Chaque intervenant a témoigné de son engagement dans la communauté. Liliane Kabamba, enseignante de français et autrice, a fondé le Centre RAFIKI il y a six ans pour accompagner l’intégration des francophones issus de l’immigration. « Nous aidons ceux qui ne maîtrisent aucune des langues officielles du Canada à mieux s’intégrer et à développer leur potentiel personnel et professionnel », a-t-elle souligné.
Elykiah Doumbe se décrit comme maman de nombreux enfants puisqu’elle s’occupe beaucoup des jeunes immigrants. « Je suis dans la transmission. Je pense qu’il est important de transmettre mon héritage culturel et africain aux nouvelles générations », dit-elle, rappelant que son organisme, le Mouvement pour l’inclusion des communautés racisées de l’Ontario, œuvre à renforcer l’identité et l’appartenance des afrodescendants.
Luc Bonaventure Amoussou a, quant à lui, mis l’accent sur son travail auprès des immigrants et des réfugiés. « Je suis éducateur dans l’âme. J’ai travaillé à l’international pour l’aide aux réfugiés avant de rejoindre le Immigrants Working Centre, qui est aujourd’hui le plus grand organisme d’établissement et d’intégration à Hamilton », a-t-il indiqué.
Un héritage à transmettre
Au-delà des célébrations annuelles, les panélistes ont insisté sur l’importance d’une reconnaissance durable de l’histoire des Noirs. « Il faut aller plus loin que la commémoration. Par exemple, intégrer le MHN au curriculum de l’Ontario permettrait de sensibiliser les jeunes à l’histoire et aux contributions des communautés noires », a suggéré Liliane Kabamba.
Pour Elykiah Doumbe, l’héritage culturel est un outil de résilience et d’affirmation identitaire. « L’histoire des Noirs ne se limite pas à l’esclavage! Nos ancêtres étaient astronomes, médecins, bâtisseurs de civilisations. Depuis 300 000 ans, nous avons défié la nature pour survivre. C’est cette force et cette résilience que nous devons transmettre aux générations futures », a-t-elle insisté.
Luc Bonaventure Amoussou a également souligné que la résilience est au cœur de l’héritage des communautés noires. « Nous faisons notre place malgré les défis. Rien n’est acquis, même pas la liberté! C’est un message essentiel à transmettre aux jeunes pour qu’ils prennent conscience de leur histoire et en soient fiers », a-t-il affirmé.
L’éducation et la transmission du patrimoine culturel au sein des familles ont été identifiées comme des enjeux majeurs. « Il ne s’agit pas de confronter les jeunes, mais de leur montrer comment leur culture s’inscrit dans une histoire riche et essentielle à la civilisation. La construction identitaire commence là! », a conclu Elykiah Doumbe.
Cette discussion engagée a permis de mettre en lumière l’importance d’un dialogue constant sur l’identité et la mémoire collective, tout en rappelant que le Mois de l’histoire des Noirs doit être un tremplin pour des actions durables en faveur des générations futures.
Photo : De gauche à droite : le modérateur Patrick Bizindavyi, les panélistes Liliane Kabamba, Elykiah Doumbe et Luc Bonaventure Amoussou ainsi que le coordonnateur de l’ACFO-Hamilton, Patrick Elonge (Crédit : journal Le Régional)