Le mauve était à l’honneur le vendredi 18 septembre dans la salle paroissiale du Sacré-Cœur de Welland, alors que les membres du Club Renaissance se réunissaient pour souligner le 55e anniversaire de l’organisme. Décorations, petites gâteries mauves, pizza, salades et gâteau portant les deux logos du Club ont marqué la célébration, qui s’est poursuivie avec un jeu consacré à son histoire.
Mais derrière cette fête se trouve surtout une histoire de renaissance, intimement liée à sa présidente, Muriel Thibault Gauthier, et dont la couleur préférée est, vous l’aurez deviné, le mauve.
Fondé en 1971 sous le nom de Cercle de l’âge d’or, l’organisme a adopté celui de Club Renaissance en 1988. Selon les recherches effectuées par la présidente dans les archives, plus de 15 000 personnes ont été membres au cours de ses 55 années d’existence.
Lorsque la jeune retraitée a rejoint le Club en 2016, une vingtaine de personnes seulement participaient aux rencontres et l’organisme était menacé de disparaître. Mme Thibault-Gauthier a d’abord observé pendant un an avant d’accéder à la présidence en 2017.
Elle avait alors une idée précise de ce qu’elle voulait accomplir. « Je voulais continuer à apporter du soleil dans la vie des gens », raconte-t-elle. Après 32 années consacrées à l’éducation, elle voulait relever un nouveau défi, briser l’isolement des aînés et, surtout, faire bouger les choses.
Une nouvelle énergie
À l’époque, les rencontres mensuelles suivaient essentiellement la même formule. Celle qui venait d’accéder à la présidence a donc apporté une nouvelle programmation : des thèmes, des sorties éducatives, des excursions en autobus et des activités qui changent régulièrement.
Elle s’était donné un an pour voir si sa vision fonctionnerait. Au bout de cette période, le Club comptait une centaine de membres. Elle a compris qu’il avait retrouvé son élan et a décidé de poursuivre.
Depuis, le nombre de membres a depuis continué de croître, au point où elle doit parfois limiter les inscriptions aux activités. Mais ce qui la rend le plus fière demeure le caractère francophone du Club. « Le français y est parlé partout et les membres sont fiers d’en faire partie. »
Pour la présidente, toutefois, les activités ne constituent qu’un moyen de créer des liens. Les membres viennent pour se retrouver, rire, apprendre et surtout briser l’isolement. Elle-même reste à l’écoute de leurs suggestions et cherche constamment à éviter la répétition.
Membre du club, Louisette Toulouse résume ainsi ce qui distingue Muriel : « une femme de cœur, accueillante, ouverte, respectueuse et déterminée, qui sait aussi mobiliser les gens autour d’elle ».
Muriel décrit quant à elle les membres d’une façon qui en dit long sur son attachement. « Pour moi, ce sont mes élèves, mais avec des cheveux blancs, de la sagesse », dit-elle. Elle parle de leurs histoires, de leur chaleur humaine et de leur affection. Ils sont devenus sa « deuxième famille ».
La réciproque est évidente. Au cours de l’été, alors que les activités étaient interrompues, les courriels de membres se sont multipliés : ils demandaient quand elle reviendrait et lui disaient qu’ils s’ennuyaient d’elle.
Garder le lien
Ce désir de briser l’isolement avait aussi donné naissance, pendant la pandémie, au Clin d’œil amical de Muriel. Lancée le 30 mars 2020, la publication fournissait aux aînés de l’information en français alors que tout était fermé. La présidente y ajoutait des jeux, des chansons et des éléments humoristiques pour « mettre du soleil » dans leur vie. C’est avec une immense fierté qu’elle affirme aujourd’hui rejoindre 135 000 abonnés partout dans le monde.
Le Club ne se limite pas non plus à ses propres membres. Selon les compilations consultées par Muriel dans les archives, près de 100 000 $ ont été remis au fil des ans à la paroisse Sacré-Cœur et à la communauté francophone de Welland. Les dons ont notamment soutenu des remises de diplômes, des activités jeunesse et des projets intergénérationnels liés à la francophonie, à la culture ou à la vie catholique.
Mme Thibault-Gauthier a également rappelé que 19 personnes avaient occupé la présidence de l’organisme depuis sa fondation, dont 14 sont toujours présentes dans la communauté. La présence d’Yvonne Laferrière, présidente de mai 2002 à décembre 2004 ainsi qu’en 2007, a notamment été soulignée.
Après le gâteau et le jeu des chandelles, chaque participant a reçu un stylo mauve en souvenir du 55e anniversaire. Une petite attention qui ressemble bien à l’esprit de la fête : célébrer le passé tout en gardant les yeux tournés vers l’avenir.
La présidente souhaite maintenant voir le Club atteindre son 60e anniversaire et demeurer ce qu’il est devenu : un lieu francophone où les aînés peuvent se retrouver, rire, apprendre et ne pas rester seuls.
« Club Renaissance, on renaît », résume-t-elle.
Après 55 ans, le nom lui va décidément très bien.
Photo : Les membres ont célébré en grand le 55e anniversaire du Club Renaissance (Crédit : C. Beaupré)





