Chrismène Dorme
La collaboration francophone continue de se structurer à Hamilton. Le 24 avril dernier, une conférence tenue au Collège Boréal a rassemblé plusieurs acteurs clés engagés auprès de la communauté. Autour de la table : les directions du Collège Boréal, du Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara, du Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest (RIFCSO), de la Communauté francophone accueillante de Hamilton ainsi que diverses associations ethnoculturelles, dont l’Association des Ivoiriens de Hamilton (ACIH).
L’objectif de cette rencontre était clair : poursuivre les échanges amorcés lors de précédentes discussions, en mettant cette fois l’accent sur l’employabilité. Après avoir abordé les enjeux liés à l’établissement et au bien-être des nouveaux arrivants, les participants ont cherché à identifier des pistes concrètes pour favoriser leur insertion professionnelle.
Président de l’ACIH, Abou Traoré souligne l’importance d’une telle mobilisation. « Il le fallait pour comprendre les services offert par le Collège Boréal et pouvoir les relayer auprès des membres de la communauté », explique-t-il.
Mais au-delà de l’accès aux services, un constat persiste : l’absence de formations techniques en français dans la région. « Aujourd’hui, ceux qui souhaitent se former dans ces domaines doivent se tourner vers Ottawa ou Sudbury », déplore-t-il. Une situation qui limite les possibilités pour de nombreux francophones, d’autant plus que les formations disponibles localement se concentrent principalement sur des programmes tertiaires ou en ligne.
Or, les métiers techniques représentent, selon lui, une voie d’avenir. Ils offrent non seulement des débouchés concrets, mais permettent aussi de développer des profils d’entrepreneurs. « La région dispose pourtant d’un important bassin de demandeurs, notamment grâce aux écoles francophones. Et tous les enfants ne peuvent pas aller à l’université », rappelle-t-il.
À ces défis s’ajoutent ceux liés à l’immigration. L’apprentissage de l’anglais demeure un enjeu crucial pour de nombreux nouveaux arrivants, qui préparent leur accès au marché du travail. Certaines familles vont jusqu’à prendre des décisions radicales : « J’ai déjà été témoin de parents qui ont dû déménager pour permettre à leurs enfants de poursuivre leurs études en français », confie M. Traoré.
Les participants réunis à Hamilton s’accordent sur la nécessité d’agir rapidement. Un plaidoyer en faveur du développement de formations techniques en français dans la région devrait prochainement être porté par les organismes présents.
Photo (Crédit : RIFCSO) : Les intervenants ont cherché à identifier des pistes concrètes pour favoriser l’insertion professionnelle des nouveaux arrivants.





