À Welland, le matin commence par un déjeuner pour 300 élèves de l’école Franco-Niagara. Chaque jour, le programme permet aux jeunes de manger à leur faim, gratuitement, peu importe les revenus de leur famille. Une initiative simple, mais essentielle, qui leur donne l’énergie nécessaire pour apprendre, se concentrer et participer.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
Alors que les gouvernements cherchent à renforcer l’accès des enfants à une alimentation nutritive, les repas scolaires prennent une place grandissante dans les établissements partout au pays. Récemment, la secrétaire d’État à l’Enfance et à la Jeunesse, Anna Gainey, a annoncé que les provinces et les territoires avaient finalisé leurs plans d’action pour le Programme national d’alimentation scolaire pour les années 2025-2026 et 2026-2027.
L’objectif est de permettre à jusqu’à 400 000 enfants supplémentaires chaque année d’avoir accès à des repas nutritifs à l’école. Le financement fédéral destiné aux provinces et aux territoires a par ailleurs doublé par rapport à 2024-2025, pour atteindre 140 millions $.
« Cela les aide à s’épanouir dans les salles de classe et permet aux familles d’économiser sur leur facture d’épicerie. Parce que chaque enfant devrait se concentrer sur son apprentissage, pas sur la provenance de son prochain repas », a déclaré Mme Gainey.
Selon le gouvernement fédéral, plus de 10 000 écoles, soit environ 80 % des établissements gérés par les provinces et les territoires, ont offert des programmes d’alimentation au cours de l’année scolaire, grâce au financement fédéral et aux investissements provinciaux et territoriaux.
À l’école Franco-Niagara de Welland, en Ontario, le programme de déjeuners fait déjà partie de la vie quotidienne de l’établissement. Chaque matin, les élèves de la maternelle à la 12e année peuvent profiter d’un repas.
Au secondaire, les jeunes peuvent se rendre à la cafétéria et se servir librement. Du côté de l’élémentaire, le fonctionnement est adapté aux classes : une aide-enseignante prépare des bacs qui sont ensuite distribués dans les salles de classe. Ces derniers comprennent différents groupes d’aliments : un fruit, un produit céréalier, un produit laitier et une source de protéines. Une fois les aliments apportés dans les classes, les enseignants prennent le relais et supervisent le déjeuner pour les plus jeunes.
Pour Cynthia Tokai, directrice adjointe de l’école Franco-Niagara, l’offre alimentaire répond avant tout à un besoin exprimé au sein de la communauté scolaire. Elle est accessible à tous les élèves, sans égard aux moyens financiers de leurs parents.
Pour assurer l’approvisionnement, l’école travaille avec Niagara Nutrition Partners, un organisme local. « Ils connaissent les exigences du programme et les commandes de nourriture se font par leur entremise », explique Cynthia Tokai.
Le financement repose notamment sur une subvention obtenue par le biais de Niagara Nutrition Partners. L’école organise également une collecte de fonds au cours de l’année pour soutenir le projet. Au-delà du simple repas, les effets se feraient sentir directement en classe. « C’est certain que les élèves se concentrent mieux », souligne Cynthia Tokai, qui observe un impact positif de la démarche sur l’apprentissage.
En ce début d’année scolaire, personnel enseignant comme élèves avaient hâte de retrouver ce rendez-vous matinal, devenu au fil des années un élément important de la routine scolaire. L’école Franco-Niagara n’est d’ailleurs pas la seule à avoir adopté ce type d’initiative. D’autres établissements de la région, notamment dans le réseau public, ont mis en place des mesures de déjeuner.
Pour Cynthia Tokai, cette expérience montre qu’un soutien alimentaire peut être adapté à la réalité de chaque établissement, à condition de répondre aux besoins de sa communauté et de pouvoir compter sur des partenaires.
À Franco-Niagara, l’initiative devrait se poursuivre pendant toute l’année scolaire. Pour les centaines d’élèves qui en bénéficient chaque matin, le rendez-vous est devenu bien plus qu’un simple déjeuner : c’est une façon de commencer la journée avec le ventre rempli et, surtout, avec de meilleures conditions pour apprendre.
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BP
Photo : Les bacs de déjeuner prennent forme en cuisine avant leur distribution dans les classes. (Crédit : École Franco-Niagara)





