Rendez-annuel très attendu par de nombreuses familles, la migration printanière des faucons et des vautours a commencé dans le Niagara. Un des sites les plus propices à leur observation est le Beamer Memorial Conservation Area, situé sur les hauteurs de Grimsby. La zone de conservation de 53 hectares gérée par la Niagara Peninsula Conservation Authority est un lieu de passage privilégié des volatiles qui remontent le continent américain vers le nord du lac Ontario.
Des centaines d’amateurs d’oiseaux sont attendus le vendredi 30 mars pour les portes ouvertes de l’observation des faucons (Hawkwatch Open House). Sur le site, plusieurs aménagements permettent d’observer les volatiles dans leur milieu naturel, notamment une tour d’observation, des sentiers et, tout récemment installés, des balcons surplombant l’escarpement. Par le biais de conférences (à 10 h 45, 12 h 30 et 14 h), de panneaux informatifs et d’une démonstration de rapaces vivants (à 13 h), les portes ouvertes seront l’occasion de sensibiliser à ces prédateurs majestueux un public avide de les découvrir et de les reconnaître.
« Cette semaine nous pourrions voir le vautour moine, l’urubu à tête rouge, le pygargue à tête blanche, l’aigle chauve, le busard Saint-Martin, la buse éperonnée, le faucon de Cooper, la buse à épaulettes, la buse à queue rousse, le faucon pèlerin, l’aigle royal et la crécerelle Faucon pèlerin », énumère Mike Street.

Selon le responsable du Niagara Peninsula Hawkwatch, le Beamer Memorial Conservation Area est un lieu d’observation idéal. « Pour parcourir la longue distance qui les sépare des aires d’hivernage et de reproduction, les rapaces utilisent les masses d’air, explique-t-il. Les fronts chauds orientés vers le nord au printemps et les fronts froids orientés vers le sud à l’automne constituent leur principale source de transport. Ils volent grâce à des spirales thermiques mais aussi en s’aidant du vent qui frappe le flanc des montagnes ou des falaises. C’est pourquoi un grand nombre d’oiseaux utilisent cette crête élévatrice que représente l’escarpement du Niagara, contournant ainsi les eaux froides du lac Ontario pour atteindre leur destination. »
La surveillance des mouvements migratoires et le recensement des rapaces assurés par les bénévoles du Niagara Peninsula Hawkwatch offrent de précieux renseignements qui entrent en ligne de compte dans les programmes de protection et de sauvegarde. En Ontario, c’est le ministère des Richesses naturelles et des Forêts qui veille à la préservation des espèces et de leur habitat. Sans compter le travail de sensibilisation mené par les organismes tels que le Canadian Raptor Conservancy, à l’origine de la démonstration de rapaces vivants.
La migration printanière reste à portée de jumelles jusqu’en mai (le meilleur moment étant entre 10 h et 14 h, lorsque le sol est le plus chaud), après quoi il faudra patienter jusqu’en automne pour revoir les oiseaux de proie emprunter le chemin inverse.
Photo (couverture) © Sandy Darling : présentation d’un aigle royal, un des oiseaux de proie les plus gros et les plus puissants de l’Ontario