La Commission des parcs du Niagara a inauguré le vendredi 2 juin deux panneaux d’interprétation, l’un en français, l’autre en anglais, honorant la vie et le passage historique de la rivière Niagara en 1856 d’Harriet Tubman, lors d’une cérémonie à Whirlpool Bridge Plazza, à Niagara Falls.

Le lieu est emblématique de l’histoire de cette Afro-Américaine devenue une des figures de l’abolitionnisme. Née esclave dans une plantation du Maryland en 1822, séparée de sa famille à l’âge de 6 ans et maltraitée par ses surveillants, elle s’est enfuie en 1849 pour rejoindre le Canada en 1856, qui avait aboli l’esclavage dès 1834. Elle a ensuite organisé la fuite de centaines d’autres compagnons vers la liberté entre 1951 et 1961, empruntant le pont ferroviaire suspendu de Whirlpool Rapids, alors unique pont ferroviaire reliant les États-Unis au Canada.

Celle que l’on surnommera la « Moïse du peuple noir » avait installé sa base d’opération dans les environs de St. Catharines alors qu’entrait en vigueur aux États-Unis la Loi sur les esclaves fugitifs, entraînant à partir de 1850 l’arrestation et l’enlèvement de plusieurs centaines de Noirs vivant dans les États libres du Nord.

Lors de la guerre de Sécession, elle s’est engagée dans l’armée de l’Union successivement comme infirmière, guetteuse et espionne, contribuant à délivrer 750 esclaves au cours d’une expédition sur la rivière Combahee, en Géorgie, en juin 1863.

Défenseur des droits des femmes et icône de la liberté, elle est décédée à Aubrun (New York) en 1913 et deviendra la première femme noire à figurer sur un billet de banque américain. Le Trésor a pris la décision en 2016 de remplacer le visage du septième président des États-Unis Andrew Jackson par celui d’Harriet Tubman, sur la coupure de 20 $. Le nouveau billet sera dévoilé en 2020, année du 100e anniversaire du droit de vote des femmes au pays de l’Oncle Sam.

L’installation des panneaux commémoratifs à Niagara Falls répond à la demande des élèves des écoles publiques Harriet-Tubman et Lockview de St. Catharines et complète une série de plusieurs panneaux mettant l’accent sur l’histoire du continent africain le long de la rivière Niagara et de Niagara Parkway, reconnaissant la zone comme point de passage principal des esclaves vers la liberté de 1793 à 1865.

Photo : l’un des panneaux dévoilé par les élèves des écoles publiques Harriet-Tubman et Lockview de St. Catharines.