Chrismène Dorme

La visite de la ministre ontarienne des Affaires francophones et des Soins de longue durée, Natalia Kusendova-Bashta, a offert une rare occasion de dialoguer entre le gouvernement provincial et la communauté francophone locale. Venue à la rencontre de résidents, de parents et d’organismes communautaires le 16 juin dernier, la ministre souhaitait entendre les priorités et les préoccupations des francophones de Kitchener-Waterloo.

Les échanges ont eu lieu dans une école francophone, faute d’un lieu communautaire francophone permanent. « On n’a pas vraiment d’endroit pour se réunir », souligne Céline Corve, coordonnatrice de l’Association des francophones de Kitchener-Waterloo (AFKW).

Infirmière de formation, Mme Kusendova-Bashta a rassuré les participants quant à son engagement envers la francophonie ontarienne et les aînés. Les échanges ont notamment porté sur l’accès aux services en français, qu’il s’agisse des services gouvernementaux, bancaires ou encore des assurances.

Ces enjeux prennent une importance particulière dans une région qui attire de plus en plus de nouveaux arrivants en langue française. Toutefois, plusieurs familles se retrouvent rapidement démunies une fois installées, faute de services d’accompagnement adaptés.

L’AFKW tente de répondre à cette réalité malgré des ressources limitées. Son rôle consiste principalement à orienter les nouveaux arrivants vers les organismes existants. « On essaie juste de faire de la mise en relation pour les personnes qui arrivent », explique la coordonnatrice.

L’organisme collabore notamment avec Reception House, un organisme spécialisé dans l’accueil des immigrants, et les écoles francophones locales. Mais selon Mme Corve, ce soutien demeure insuffisant : « Ce sont des conseils qu’on leur donne et non un vrai accompagnement comme cela se fait dans d’autres régions. »

La question du financement a d’ailleurs occupé une place importante dans les discussions avec la ministre. L’AFKW estime ne pas disposer des ressources nécessaires pour répondre à la croissance de la population francophone.

Les difficultés touchent également l’intégration professionnelle. De nombreux immigrants arrivent avec des qualifications recherchées, notamment dans les domaines de la santé et des technologies, mais peinent à faire reconnaître leurs diplômes. À ces obstacles s’ajoutent des enjeux de mobilité. Plusieurs d’entre eux ne possèdent pas de véhicule dans une région où l’automobile demeure souvent essentielle.

Pour les membres de la communauté, la visite ministérielle a mis en lumière les défis persistants auxquels font face les francophones de Kitchener-Waterloo. Reste maintenant à voir si ces préoccupations se traduiront par un soutien accru et des mesures concrètes pour renforcer les services en français dans la région.

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Photo : Natalia Kusendova-Bashta échange avec les membres. (Photo : courtoisie de la ministre)