À Hamilton, les traditions orales de différentes cultures francophones se sont rencontrées le temps d’une soirée. À l’occasion du dixième anniversaire du festival « Les vieux m’ont conté… leurs veillées », le public a découvert des récits qui traversent les différentes générations et les frontières.
Olaïsha Francis – IJL – Le Régional
Le Centre francophone Hamilton (CFH) a accueilli, le 22 octobre, une soirée de contes qui a réuni Fêté Kimpiobi et Michel Payment. Cette rencontre s’inscrivait dans la dixième édition du festival « Les vieux m’ont conté… leurs veillées », organisé par le Centre franco-ontarien de folklore de Sudbury.
Pour souligner cet anniversaire, l’organisme a prévu 10 soirées dans 10 villes et villages de l’Ontario français. Le festival reprend la formule des veillées « chez l’habitant », où les histoires se transmettent oralement dans une atmosphère de proximité. L’activité fait partie du projet « Ponts multiculturels de musique et contes », soutenu dans le cadre du Programme d’appui à la francophonie ontarienne.
À Hamilton, les deux artistes ont proposé un échange entre traditions et expériences culturelles. Michel Payment, auteur-compositeur-interprète et conteur, a participé à cette rencontre en partageant des histoires et interprétation de chants traditionnels issus des traditions canadiennes-françaises et québécoises. De son côté, Fêté Kimpiobi a présenté une histoire inspirée de l’univers des veillées, avec des vêtements et accessoires traditionnels.
Son conte mettait en scène trois animaux mécontents de leur sort. Avant de développer l’intrigue, elle a sollicité la participation de l’auditoire à travers des devinettes. L’histoire se terminait par une morale, selon une formule qui invite les personnes présentes à réfléchir aux comportements des personnages et aux enseignements du récit.
Pour la conteuse, ces rencontres permettent aussi de reconnaître les liens entre des traditions parfois éloignées géographiquement. « Je remarque que souvent nous avons les mêmes contes, mais ils sont racontés différemment », a-t-elle expliqué. Les personnages, les décors ou les détails changent, mais certaines histoires conservent des thèmes communs.
Elle a insisté sur la place des aînés dans la transmission culturelle. « Nous les plus âgées, nous sommes les gardiens de la mémoire et nous transmettons les histoires aux nouvelles générations », a-t-elle indiqué. À ses yeux, ces veillées peuvent offrir aux jeunes issus de l’immigration une occasion de découvrir d’autres traditions et de réfléchir à leur propre héritage.
Cette fonction de transmission existe sous différentes formes. En Afrique de l’Ouest, le griot, également appelé djéli, conserve et raconte des récits historiques ou familiaux. Dans d’autres communautés, les aînés jouent ce rôle, tandis que les traditions rurales francophones connaissent la figure du conteur de veillée.
Par son passage dans le Centre-Sud ontarien, le festival a proposé une rencontre entre des pratiques orales diverses, sans effacer leurs particularités. « C’était une magnifique occasion de célébrer et de faire rayonner la tradition orale et le patrimoine francophone chez nous à Hamilton, tout en créant de superbes moments de partage intergénérationnel et interculturel », a déclaré Popina Muanga, chargée de projets au CFH.
La programmation anniversaire entend multiplier ces occasions de partage à travers la province et faire connaître le conte comme un moyen de transmission intergénérationnel.
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Photo : Fété Kimpiobi, habillée en conteuse de veillées (Photo : CFH)





