Christiane Beaupré

À St. Catharines, la projection du documentaire Niagara inc. a réuni citoyens et membres de la communauté francophone de la péninsule du Niagara au Greg Frewin Theatre, le jeudi 21 mai. Présenté devant un public attentif, le film a donné lieu à des échanges sur les réalités sociales, économiques et environnementales qui façonnent aujourd’hui Niagara Falls.

Réalisé par une équipe franco-ontarienne de Toronto, le documentaire s’intéresse aux contrastes qui caractérisent cette destination touristique reconnue à l’échelle internationale. À travers le regard de l’animateur Frédéric Choinière, le film souligne les retombées économiques importantes du tourisme tout en soulevant des questions liées au développement urbain, à l’environnement et à la qualité de vie des résidents.

Au fil du documentaire, les spectateurs sont invités à réfléchir à la place qu’occupe l’industrie touristique dans la région et aux répercussions de cette croissance sur ceux qui y vivent. Derrière les hôtels, les casinos et les attractions touristiques se dessinent aussi des enjeux liés au logement, au coût de la vie et à l’équilibre entre développement économique et qualité de vie.

La projection a été suivie d’une discussion animée par Martine Laberge, de l’émission Dans la mosaïque, diffusée à l’antenne de la radio de Radio-Canada à Toronto. Le public a pu échanger avec l’équipe de production, notamment la productrice Thalia D’Aragon-Giguère, le réalisateur Simon Madore et l’idéatrice Émilie Marcil, ainsi qu’avec des personnes ayant participé au projet.

Plusieurs participants ont souligné l’importance de voir des enjeux régionaux abordés en français par une équipe franco-ontarienne. Pour certains, cette démarche contribue à présenter une perspective rarement mise de l’avant lorsqu’il est question du Niagara.

« Le documentaire est très bien fait. J’ai particulièrement apprécié les sous-titres en anglais, ce qui élargit la portée du documentaire », a affirmé Muriel Thibault-Gauthier, de Welland.

La présidente du Club Renaissance de la paroisse du Sacré-Cœur et présidente du conseil d’administration du Foyer Richelieu de Welland a toutefois exprimé le souhait que cette initiative se poursuive en accordant davantage de place à l’ensemble de la région et à sa communauté francophone.

« Dans Niagara inc., vous parlez seulement de Niagara Falls. Je suggère que vous fassiez une suite, une partie 2 ou 3 qui englobe la région du Niagara. Il faut aller plus loin. Ajoutez la francophonie. Nous avons travaillé très fort pour la francophonie. Allez frapper à différentes portes et dites aux gens qu’ils peuvent être servis en français dans le Niagara », a-t-elle ajouté.

Le documentaire met également en évidence l’écart qui peut exister entre l’image touristique associée aux chutes Niagara et certaines réalités vécues au quotidien. « Ce n’est pas tout le monde qui peut se payer une chambre à 500 $ la nuit ou encore assister aux grands spectacles présentés aux casinos », commente Muriel Thibault-Gauthier.

Cette réflexion survient alors que le maire de Niagara Falls, Jim Diodati, et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, évoquent l’objectif de faire passer le nombre de visiteurs dans la région de 22,5 millions à 45 millions par année, tout en développant davantage le tourisme afin de faire du Niagara une destination active tout au long de l’année.

Au-delà des questions soulevées sur le tourisme et le développement, la soirée a surtout mis en évidence l’intérêt des francophones du Niagara à voir leur région racontée à l’écran dans leur langue et à travers leurs propres réalités. Les échanges qui ont suivi la projection ont démontré qu’au-delà des attractions et des cartes postales, plusieurs histoires restent encore à raconter — et que le désir de les faire entendre est bien présent.

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Photo : Martine Laberge et ses invités (courtoisie de Muriel Thibault-Gauthier)