À Hamilton, une initiative en français invite les citoyens à mieux comprendre la politique municipale et à s’impliquer dans la vie collective. Vote, consultations, bénévolat ou échanges avec les élus : « Ma voix, ma ville » rappelle que la participation citoyenne va bien au-delà du bulletin de vote.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
Comprendre le fonctionnement de la Ville peut parfois sembler complexe. Qui prend les décisions? Quel rôle joue le conseil municipal? Comment participer à une consultation? Et surtout, comment la population francophone peut-elle faire entendre ses préoccupations?
C’est pour répondre à ces questions que l’Association canadienne-française de l’Ontario – Régionale Hamilton (ACFO-Hamilton), en partenariat avec la Bibliothèque de Hamilton, a proposé l’atelier « Ma voix, ma ville ».
Présentée en français les 3 et 7 octobre, la rencontre a offert aux membres de la communauté un espace pour mieux comprendre les rouages de la vie municipale et découvrir les différentes façons de s’y engager. L’atelier était animé par Anika Kuhnert, coordonnatrice principale à l’ACFO-Hamilton.
Hamilton est désignée en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario, ce qui lui confère un statut particulier en matière de services gouvernementaux dans la langue de Molière.
Pendant l’atelier, les discussions ont porté sur des questions concrètes : le fonctionnement de la mairie, les responsabilités du conseil municipal et des conseils scolaires, les conditions pour voter, l’inscription sur les listes électorales, les pièces d’identité nécessaires et les différentes façons de voter.
Les personnes présentes ont également découvert comment participer à des consultations publiques, soumettre des idées, communiquer avec des candidats ou encore s’impliquer dans certains organismes consultatifs de la Ville.
Pour Anika Kuhnert, cette démarche part d’un constat simple : la participation municipale demeure trop faible. Lors de l’élection municipale de 2022, seulement 35,38 % des électeurs admissibles à Hamilton ont voté, selon les résultats officiels de la municipalité.
« Ce faible taux de participation rappelle l’importance de mieux outiller les citoyens afin qu’ils puissent prendre part à la vie démocratique de leur communauté », explique-t-elle.
Pour la coordonnatrice, une idée revient souvent lorsqu’on parle de participation citoyenne : voter est important, mais ce n’est pas la seule manière de s’impliquer. « Même lorsqu’une personne n’est pas encore admissible à voter, elle peut faire du bénévolat pour une campagne, communiquer avec des candidats, sensibiliser son entourage, travailler dans un bureau de scrutin et contribuer de plusieurs façons au processus démocratique », rappelle-t-elle.
Cette réalité est particulièrement importante pour les nouveaux arrivants francophones. Pour certains, la participation citoyenne peut sembler limitée au vote, alors que plusieurs portes restent ouvertes.
L’intérêt pour la politique municipale peut parfois sembler moindre que pour les élections provinciales ou fédérales. Pourtant, les décisions prises à l’échelle locale ont des effets très concrets : transport en commun, routes, services municipaux ou encore impôts fonciers.
« Les décisions municipales ont une incidence directe sur notre quotidien », souligne Mme Kuhnert.
L’ACFO-Hamilton constate également qu’il existe un manque de ressources électorales en français et dans plusieurs autres langues. L’atelier cherche donc à rendre l’information plus accessible et à donner aux francophones des outils qu’ils peuvent utiliser avant, pendant et après une campagne électorale.
Pour Sonia Macaluso, présidente de l’organisme, l’enjeu est d’autant plus important en période de scrutin. « Nous avons vu l’importance d’agir en cette année électorale pour que la communauté francophone connaisse mieux ses droits et les moyens de participer à la vie municipale. Même sans droit de vote, chaque personne a une voix », affirme-t-elle.
En effet, au cours des ateliers plusieurs personnes ont découvert clairement la répartition des responsabilités entre les différents paliers de gouvernement et l’influence des décisions municipales sur leur quotidien. La possibilité de se porter candidat ou candidate à une élection municipale a également suscité de l’intérêt.
Cependant, pour Anika Kuhnert, « l’une des notions les plus importantes est de comprendre qu’il est possible de participer à la vie démocratique autrement que par le vote », conclut-elle.
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Photo : L’équipe de l’ACFO-Hamilton (Photo : courtoisie de l’organisme)





