Chrismène Dorme
En hiver, lorsque le froid s’installe, le risque d’isolement se fait plus présent. Pour de nombreux francophones de Hamilton — qu’ils soient établis depuis longtemps ou récemment arrivés — cette période peut rimer avec solitude.
Cependant, depuis décembre dernier, une initiative sportive vient réchauffer l’atmosphère et retisser les liens : une saison de soccer Maracana portée conjointement par l’Association de la communauté ivoirienne de Hamilton (ACIH), EYUA Synergy, organisme porté sur les activités sportives, et la Communauté francophone accueillante (CFA) locale.
Comme l’explique Abou Traoré, président de l’ACIH, le choix du soccer Maracana s’est imposé naturellement : « Pendant l’hiver, les gens ont tendance à rester confinés. Cette collaboration nous a semblé idéale pour servir la communauté ».
Chaque vendredi soir, entre 20 et 30 participants sont prêts à braver le froid pour se retrouver et partager bien plus qu’un simple match. L’activité, gratuite et inclusive, s’adresse à tous les francophones (jeunes, adultes et nouveaux arrivants) et s’inscrit dans une démarche d’intégration, de promotion de la santé et de cohésion sociale.
Mais quelle différence avec le soccer traditionnel? Le Maracana n’est pas seulement le nom du mythique stade à Rio de Janeiro, au Brésil. C’est une discipline à part entière, née dans les rues d’Afrique de l’Ouest. Sur un terrain réduit, avec des buts sans gardien, les joueurs doivent redoubler d’efforts, miser sur la technique et la précision. On met en avant l’agilité plutôt que la puissance.
L’activité accueille donc des profils variés. « On inclut tout le monde et, avec le Maracana, il n’y a pas de contact physique. On met davantage l’accent sur la technique », souligne M. Traoré.
Les participants se relaient lorsqu’un joueur est fatigué, ce qui crée une dynamique solidaire où chacun trouve sa place. L’objectif n’est pas la performance individuelle, mais l’énergie collective. En effet, l’ambition dépasse le simple cadre sportif. « L’objectif est de faire du réseautage et d’offrir un espace où les francophones peuvent surtout s’amuser. »
Cette collaboration tripartite repose sur une répartition claire des responsabilités. La CFA assure le financement de l’initiative. EYUA Synergy, avec son équipe de soccer United Hamilton FC, assure l’encadrement technique et l’organisation sportive. De son côté, l’ACIH mobilise et rassemble les membres de la communauté francophone.
Le partenariat démontre comment des organismes aux missions complémentaires peuvent unir leurs forces au service d’un objectif commun, soit renforcer les liens communautaires. Sur le terrain, les barrières tombent rapidement. Avant même le coup d’envoi, les équipes se forment et la communication devient essentielle. La connexion se crée naturellement, au fil des passes et des encouragements. Le sport devient alors un véritable vecteur d’échanges, où santé physique et réseautage se conjuguent harmonieusement.
Depuis décembre, l’enthousiasme ne faiblit pas. Les participants se disent satisfaits et un noyau stable s’est constitué. Une équipe permanente a même vu le jour, avec en perspective l’organisation de tournois pendant la période estivale.
En définitive, le soccer Maracana montre qu’il suffit parfois d’un ballon et d’un rendez-vous hebdomadaire pour briser l’isolement. Même au cœur de l’hiver, il crée un espace simple et chaleureux où la communauté francophone peut bouger, se rencontrer et tisser des liens durables.
Photo : Les équipes et les représentants de l’ACIH et d’EYUA Synergy. (Crédit photo : ACIH)






