Un nouvel organisme à but non lucratif fait son entrée dans le paysage communautaire du Sud-Ouest ontarien. Lancée officiellement à Hamilton, EdAction entend placer la prévention, l’éducation et l’autonomisation au cœur de ses interventions afin d’améliorer le bien-être des personnes en situation de vulnérabilité, notamment les nouveaux arrivants.

Olaïsha Francis – IJL – Le Régional

La création d’EdAction marque l’arrivée d’un nouvel acteur dans le domaine de la promotion de la santé et de l’accompagnement communautaire. Depuis le 30 mai, cette initiative a pour objectif d’aider les personnes vulnérables à mieux comprendre les facteurs qui influencent leur qualité de vie et à développer les outils nécessaires pour agir sur leur propre parcours.

Le nom de l’organisme, une contraction des mots « éducation » et « action », résume sa philosophie. Sa mission consiste à renforcer les capacités individuelles afin que chacun puisse exercer une plus grande influence sur les déterminants de sa santé et participer pleinement à son intégration sociale et économique.

« Ce projet est né d’une conviction simple, mais puissante qu’il est possible de faire mieux, différemment et, surtout, ensemble », a déclaré le directeur général de l’organisme, Jean Jacques Somwe, devant les invités lors du lancement.

Plutôt que de multiplier les interventions ponctuelles, la structure souhaite privilégier une approche globale. Celle-ci repose sur trois grands axes qui sont d’informer la population grâce à des programmes adaptés, sensibiliser le public aux enjeux liés à la prévention et responsabiliser les individus afin qu’ils deviennent eux-mêmes des acteurs du changement.

L’association considère que le bien-être ne dépend pas uniquement de facteurs médicaux, mais également de dimensions psychologiques, sociales, culturelles et spirituelles. L’organisme entend aussi intégrer une approche écologique selon laquelle les politiques publiques, l’environnement et les réseaux sociaux exercent une influence déterminante sur les comportements.

Dans son allocution, Jean Jacques Somwe a insisté sur l’importance des déterminants sociaux de la santé. Selon lui, le revenu, le niveau d’éducation, la langue, les traditions culturelles ou encore les expériences vécues durant l’enfance jouent un rôle majeur dans l’état de santé d’une personne.

L’équipe souhaite également mettre davantage l’accent sur les facteurs protecteurs plutôt que sur les seuls risques. Cette démarche vise à renforcer les éléments positifs présents dans les familles et les collectivités afin de prévenir l’apparition de difficultés plus importantes. L’éducation, le mentorat, les modèles inspirants ou encore les réseaux de soutien figurent parmi les leviers que l’organisation compte promouvoir.

Le directeur a aussi illustré sa vision en racontant l’histoire imagée d’un village confronté à la découverte répétée d’enfants noyés dans une rivière. Alors que certains proposaient uniquement d’agrandir la morgue ou d’acheter davantage d’ambulances, d’autres ont choisi de remonter le cours d’eau pour identifier la véritable origine du problème. Une fois les causes profondes découvertes, des mesures préventives ont permis d’éviter de nouveaux drames.

À travers cette métaphore, EdAction veut privilégier des solutions durables plutôt que des réponses limitées aux conséquences immédiates. « Chez nous, nous mettrons des moyens, de l’énergie et de l’intelligence dans les activités, projets et interventions qui viseront à apporter des solutions simples et pratiques aux causes lointaines des maladies et d’autres problèmes liés au bien-être », a expliqué Jean Jacques Somwe.

L’organisme entend désormais développer des partenariats avec les institutions publiques, les acteurs communautaires afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux touchant les populations issues des minorités visibles. Pour ses fondateurs, l’ouverture officielle ne représente que le début d’une démarche collective appelée à évoluer grâce aux collaborations futures.

« En lançant EdAction, nous ne faisons pas que démarrer une activité, mais nous écrivons la première page d’une histoire. Et cette histoire, nous voulons l’écrire avec vous », a conclu le directeur.

-30-

Photo : L’équipe d’EdAction (Crédit : Marino)