Pilier de la communauté francophone locale, l’École élémentaire catholique Sainte-Marguerite-Bourgeoys a célébré son 50e anniversaire lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de fierté. L’événement a rendu hommage aux pionniers qui ont bâti l’éducation catholique de langue française dans la région, avec le regard tourné vers un avenir marqué par la croissance.

Chrismène Dorme – IJL – Le Régional

Il y a 50 ans, quelques familles francophones faisaient le pari d’offrir à leurs enfants une éducation catholique en français dans une région majoritairement anglophone. Un demi-siècle plus tard, leur héritage demeure bien vivant.

L’ÉÉC Sainte-Marguerite-Bourgeoys a réuni élèves, familles, anciens, dignitaires et membres de la communauté pour souligner cet anniversaire marquant. Parmi les invités figuraient notamment Dorothée Petit-Pas, conseillère scolaire de la région de Brant-Haldimand-Norfolk, Nicole Mollot, directrice de l’éducation au Conseil scolaire catholique MonAvenir, le député fédéral Larry Brock ainsi que les conseillers municipaux Greg Martin et Rose Sicoli.

Pour Roger Lebel, directeur de l’établissement, l’école occupe une place unique dans le paysage francophone local. « C’est l’institution francophone de Brantford, le noyau de notre communauté », affirme-t-il.

Cette réussite est le fruit du travail acharné des fondateurs qui ont œuvré à la création d’un espace d’apprentissage en français dans un milieu où les francophones étaient dispersés. M. Lebel rappelle qu’à l’époque, les pionniers utilisaient les bottins téléphoniques pour repérer les familles francophones et bâtir une véritable communauté scolaire.

Les résultats sont aujourd’hui éloquents. Fondée avec 74 élèves, l’école devrait accueillir plus de 235 jeunes à la prochaine rentrée scolaire. « Nous sommes le produit de leurs efforts. Sans eux, ce serait un retour en arrière », souligne le directeur.

Cette croissance a entraîné plusieurs agrandissements au fil des années, dont l’ajout de portatives et l’intégration de la garderie Le Ballon rouge afin de mieux répondre aux besoins des familles.

Lors de son allocution, Mme Petit-Pas a rendu hommage aux familles et aux leaders communautaires qui ont contribué au développement de l’éducation catholique de langue française dans la région. Très émue, elle a souligné la présence de plusieurs générations de familles ayant fréquenté l’établissement.

« Voir les premiers parents qui, en 1974, ont pris la décision d’y envoyer leurs enfants, puis aujourd’hui leurs enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants présents à cette célébration, c’est extrêmement touchant », confie-t-elle.

Dans un environnement majoritairement anglophone, l’école joue également un rôle essentiel dans la transmission de la langue et de la culture françaises. Au-delà des apprentissages en classe, elle mise sur des activités communautaires, culturelles et familiales pour renforcer le sentiment d’appartenance.

« La joie de la langue française ne passe pas seulement par les leçons de grammaire », souligne M. Lebel. Selon lui, les chansons, les histoires, les comptines et les activités culturelles permettent aux jeunes de développer un lien durable avec leur identité francophone.

Malgré cette vitalité, certains défis demeurent. Le recrutement de personnel qualifié et la promotion de l’éducation en français dans une région majoritairement anglophone figurent parmi les priorités de l’établissement.

De son côté, Dorothée Petit-Pas estime qu’il faut poursuivre les efforts pour mieux faire connaître les écoles de langue française auprès des familles francophones de la région et renforcer la programmation culturelle qui contribue au rayonnement de la francophonie.

La célébration a été ponctuée par la remise d’une plaque commémorative, des prestations musicales, des chants d’élèves, des témoignages et plusieurs allocutions soulignant l’importance de l’école dans le développement de la communauté francophone de Brantford.

Pour M. Lebel, le parcours accompli témoigne de la vision des bâtisseurs qui ont fondé l’établissement il y a 50 ans. « S’ils pouvaient voir où nous sommes aujourd’hui, ils seraient extrêmement fiers du fruit de leur travail », estime-t-il.

Face à la croissance continue des effectifs et aux projets d’agrandissement envisagés pour les prochaines années, le directeur souhaite que l’école demeure un symbole d’espoir, de fierté et de vitalité pour les générations futures.

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Photo : Dignitaires, partenaires communautaires, anciens de la communauté scolaire et personnel de l’école (Crédit : Csc MonAvenir)