Alexia Grousson

Le Centre francophone Hamilton (CFH) a récemment proposé au public une expérience théâtrale à la fois rassembleuse, engagée et profondément ancrée dans les réalités franco-ontariennes avec la pièce Mourir de trop gueuler, des Créations In Vivo.

« À travers le théâtre, nous voulions ouvrir un espace de discussion sur les enjeux linguistiques, identitaires et culturels, tout en mettant en valeur la création artistique franco-ontarienne contemporaine », explique Popina Muanga, responsable des projets artistiques et communautaires au CFH.

Le choix de présenter Mourir de trop gueuler s’est imposé naturellement après sa découverte lors de la vitrine de Contact ontarois 2025. Le Centre a eu un « véritable coup de cœur » pour cette création conçue dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien.

« Dès les premières minutes, nous avons trouvé que la pièce racontait avec beaucoup d’humour, de sarcasme et d’intelligence les réalités et défis des Franco-Ontariens. C’est une œuvre qui réussit à faire rire tout en poussant à la réflexion », ajoute Mme Muanga.

Le titre repose sur une métaphore forte : celle d’une grenouille, représentant les francophones, qui « meurt d’avoir trop gueulé », autrement dit d’avoir trop revendiqué et réclamé la reconnaissance de ses droits linguistiques et culturels. Selon la responsable des projets artistiques, « il illustre avec ironie une certaine fatigue collective face aux luttes répétées pour préserver la langue et la culture francophones en contexte minoritaire ».

Sur scène, trois personnages incarnent différentes institutions et contribuent au maintien de la langue française : le gouvernement, les conseils scolaires ainsi que les organismes communautaires et culturels. À travers des situations absurdes, parfois très drôles, mais toujours accessibles, la pièce souligne les contradictions, les limites et les bonnes intentions de ces acteurs du milieu francophone. L’œuvre aborde ainsi, avec humour et dérision, plusieurs enjeux liés à l’identité franco-ontarienne et à la survie du français.

Une quarantaine de personnes ont assisté à la pièce qui a suscité des réactions très positives. Les spectateurs ont particulièrement apprécié l’atmosphère conviviale et participative du spectacle, de même que l’utilisation d’un humour intelligent pour traiter de sujets délicats. Plusieurs participants ont affirmé s’être reconnus dans certaines situations présentées.

Les spectateurs étaient régulièrement invités à répondre à des questions et à interagir avec les comédiens. Les organisateurs ont également salué la grande capacité d’improvisation des artistes de Créations In Vivo qui pouvaient adapter les interventions au public.

L’expérience a laissé une forte impression auprès du CFH. « Personnellement, j’ai trouvé le spectacle extrêmement pertinent et touchant. Il réussit à aborder des réalités parfois lourdes avec beaucoup de légèreté et d’humour, sans jamais perdre la profondeur du message. C’est le genre de spectacle qui fait rire, réfléchir et discuter longtemps après la représentation. Il ne laisse personne indifférent », confie Mme Muanga.

Au-delà de la représentation elle-même, le Centre francophone Hamilton estime que ce type d’initiative artistique demeure essentiel pour assurer la vitalité de la culture francophone en Ontario. « Cette pièce rappelle l’importance de raconter nos réalités, de préserver notre langue et de créer des espaces où les francophones peuvent se reconnaître et échanger ensemble », conclut Popina Muanga.

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Photo : Trois personnages incarnent différentes institutions. : le gouvernement, les conseils scolaires ainsi que les organismes communautaires et culturels. (Crédit : CFH)